Les sels d’aluminium : intérêt majeur et innocuité en cosmétologie (1-7).

L’aluminium est un des composants majeurs de l’écorce terrestre puisqu’il représente 8,6 % de l’ensemble de ses constituants. Les nombreuses propriétés physico-chimiques de l’aluminium en font un métal très utilisé dans de nombreux domaines dont la cosmétologie.
Des propriétés technologiques sans équivalent
Les sels d'aluminium présents dans les anti-transpirants réduisent le processus de transpiration en resserrant les pores de la peau et en limitant la sécrétion sudorale. Utilisés depuis plusieurs dizaines d’années dans les anti-transpirants, les sels de d’aluminium comme le chlorohydrate d’aluminium sont connus pour être très bien tolérés par la peau.
Reconnus comme les plus efficaces pour réduire le flux de la transpiration et facilement intégrés dans des formats spray et bille ou stick, les sels d’aluminium constituent les principaux ingrédients actifs des anti-transpirants. Leurs propriétés anti-bactériennes en font, de plus, des actifs de choix pour ces produits.
Ce très fort intérêt « technologique » rend leur substitution dans les produits cosmétiques non envisageable actuellement. Chercher à les remplacer semble donc aujourd’hui injustifié compte tenu, à la fois, de leurs propriétés très recherchées, de leur très bonne tolérance cutanée et de leur innocuité.
Réglementation et innocuité
L’inquiétude générée par la diffusion d’une rumeur sur les sels d’aluminiums présents dans les anti-transpirants et le cancer du sein a incité un groupe d’experts français en cancérologie à mener une analyse approfondie de l’ensemble des données disponibles. Les résultats de leur recherche ont abouti à la conclusion qu’il n’existait aucun lien avéré entre l’utilisation d’anti-transpirants contenant des sels d’aluminium et la survenue du cancer du sein. Ces résultats ont fait l’objet d’un article publié dans le Bulletin du Cancer en septembre 2008.
Une seule étude importante publiée par le Journal of the National Cancer Institute en2002 a analysé une population de plus de 1 600 femmes (813 femmes atteintes de cancer du sein et 793 témoins indemnes) dans laquelle 90 % des sujets utilisaient des déodorants. Cette seule étude, menée avec rigueur sur le plan méthodologique, confirme l’absence d’un lien entre l’utilisation anti-transpirants contenant des sels d’aluminium et le cancer du sein.
Ces conclusions en faveur de l’innocuité des sels d’aluminium rejoignent celles des Autorités de Santé française (Afssaps) et américaine (FDA).
De plus, les experts de la commission de cosmétologie se sont prononcés dès le 16 décembre 2004 en faveur de l'innocuité des produits cosmétiques contenant des sels d'aluminium.
L’utilisation des sels d’aluminium sous la forme de sel d’aluminium chlorohydrate est donc autorisée par la réglementation cosmétique sans limite de taux.
Les sels d'aluminium sous forme d'hydroxychlorures d'aluminium et de zirconium hydratés ainsi que leur complexe avec de la glycine sont également autorisés mais à la concentration maximale de 20 %.
Exposition
A cause de leur omniprésence, les apports d’aluminium proviennent de sources variées : aliments, eau de boisson, produits de santé et environnement. En dehors de toute exposition professionnelle, l’apport se fait en majorité par voie orale puisque l’ingestion d’aliments constitue 95 % des apports quotidiens. Contrairement à certaines rumeurs, l’apport provenant de l’application topique des anti-transpirants apparaît donc négligeable comparée aux autres sources d’apports, d’autant plus que la peau assure pleinement son rôle de fonction barrière.
Références :
(1) Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA). Directive cosmétique 76/768/CEE consolidée. Avril 2009
(2) Mirick DK, Davis S, Thomas DB. Antiperspirant Use and the Risk of Breast Cancer. J Natl Cancer Inst. 2002 Oct 16; 94(20):1578-80.
(3) Namer M, Luporsi E, Gligorov J et al. L’utilisation de déodorants/antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein. Bull Cancer 2008 ;95(9) :871-80.
(4) Afssa, Afssaps, Institut de Veille Sanitaire. Evaluation des risques sanitaires liés à l’exposition de la population française à l’aluminium. Eau, aliments, produits de santé. Novembre 2003 : 1-192.
(5) Afssaps. Evaluation du risque lié à l’utilisation des aluminiums dans les produits cosmétiques. Bulletin Vigilance 2006 ; 31 : 3
(6) National Cancer Institute (NCI). Antiperspirants/deodorants and breast cancer : questions and answers. http://www.cancer.gov/cancertopics/factsheet/Risk/AP-Deo, accédé le 15/12/2010.
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