Les sels d’aluminium présents dans les anti-transpirants ont-ils un impact sur la santé ?
L’utilisation de l’aluminium dans de nombreux produits d’usage quotidien soulève régulièrement l’inquiétude des consommateurs et des médias sur l’innocuité de ce composant, notamment au sujet des sels d’aluminium présents dans les anti-transpirants.
Les sels d’aluminium sont utilisés dans les anti-transpirants non seulement en raison de leur action anti-bactérienne mais également parcequ’ils permettent de réduire le flux de transpiration en resserrant les pores de la peau. Ils sont commercialisés en France en toute sécurité depuis la fin des années 90.
Tous les ingrédients entrant dans la composition des anti-transpirants sont strictement définis par la législation cosmétique de l’Union Européenne. Avant leur commercialisation, l’innocuité de chaque produit est évaluée de manière approfondie par des experts en toxicologie. Cette évaluation peut être contrôlée à tout moment par les autorités compétentes.
Certaines études ont cependant suscité l’inquiétude sur l’utilisation des anti-transpirants. Il s’agit des études menées par Philippa Darbre sur le lien éventuel entre les composants des anti-transpirants (comme par exemple les sels d’aluminium) et le cancer du sein qui n’ont cependant jamais pu conclure à un lien de causalité. Ces études sont contestées pour leur manque de rigueur scientifique par l’ensemble de la communauté scientifique internationale.
Par ailleurs, le Dr Guillard a publié une étude portant sur un seul patient qui a montré un probable passage à travers la peau de l’aluminium dans le sang. Dans cette étude, aucun lien de causalité entre l’aluminium dans le sang et les urines et le cancer du sein n’a été étudié. Sur le plan méthodologique, elle est peu rigoureuse et peu représentative de la réalité (rasage 3 fois par semaine). Ces résultats peuvent interpeler mais ne constituent en aucun cas une preuve que l’aluminium des anti-transpirants passent la barrière cutanée.
Une étude importante (Antiperspirant Use and the Risk of Breast Cancer. J Natl Cancer Inst. 2002) menée sur 1 600 femmes dont 90 % utilisaient des déodorants a en revanche montré l’absence d’un lien entre l’utilisation d’anti-transpirants et le cancer du sein (Plus d'information disponible à ce lien).
De plus en 2008, un groupe d’experts français a analysé l’ensemble de la littérature scientifique disponible à ce sujet et a publié les conclusions de ses recherches dans le Bulletin du Cancer. Parmi les articles étudiés, beaucoup sont peu rigoureux sur le plan méthodologique et n‘apportent pas de réponses aux questions posées. L’analyse approfondie de l’ensemble des données disponibles n’a pas permis d’identifier un caractère nocif des sels d’aluminium. Ainsi l’utilisation d’anti-transpirants ne constitue pas un risque de cancer du sein (Plus d'information disponible à ce lien).
Soucieux de mettre à disposition des produits sûrs et efficaces pour les consommateurs, les industriels tels qu’Unilever mènent en permanence des études pour assurer la sécurité des produits chimiques entrant dans la composition de leurs cosmétiques. Le groupe Unilever possède pour cela 6 laboratoires de recherche et de développement dans le monde et a mis en place un centre dédié à la sécurité et à l’environnement SEAC (Safety and Environmental Assurance Centre) constitué de 150 chercheurs toxicologues et dermatologues, qui évalue la sécurité de chaque matière première, de chaque produit dans leur contexte d’utilisation et délivre un certificat de sécurité avant toute mise sur le marché. Les données dont nous disposons actuellement montrent que la peau joue pleinement son rôle de barrière et ne pourrait laisser passer qu’une infime quantité d’aluminium qui serait rapidement rejetée par les urines.
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