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Les sels d’aluminium ont soulevé de nombreux soupçons ces dernières années, poussant parfois jusqu’à la circulation de rumeurs en tout genre. Et pourtant, il est à savoir que les sels aluminium nous entourent dans notre quotidien. Recadrons donc les choses en examinant l’existence de cette substance dans notre environnement alimentaire.
L’aluminium, de quoi s’agit-il ?
Les sels d’aluminium sont abondants sur notre planète. Leur présence sous différentes formes dans l’environnement est à la fois naturelle et liée à l’activité humaine. Nous y sommes donc ordinairement exposés au quotidien. En effet, ils sont naturellement présents dans l’eau, les aliments, les boissons. L’aluminium est à la base classé comme oligo-élément. Essentiel pour l’organisme à très faible dose, il permet d’éviter insomnie, anxiété et diverses névrites. On peut également rencontrer des sels d’aluminium dans les additifs alimentaires et le traitement de l'eau.
L’emploi de sels d’aluminium est autorisé en tant qu’additif dans l’industrie agroalimentaire (voir la saisine n°2008-SA-0196 de l’Afssa sur l’actualisation de l’exposition par voie alimentaire de la population française à l’aluminium). Conservateur, acidifiant, colorant, émulsifiant ou levant, ils prennent alors le nom de E 520, E 521, E 522 ou E 523. On les retrouve dans le blanc d'œuf, dans les préparations culinaires, les fruits et légumes confits, cristallisés ou glacés. Ils sont également utilisés pour la coloration en surface des charcuteries, sucreries, confiseries, le pastillage et les décors de pâtisseries (d'après l'arrêté du 2 octobre 1997 fixé par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).
Dans l’alimentation industrielle
En outre, les sels d’aluminium sont employés pour la génoiserie, et sont alors appelés E 541. Ils entrent également dans la composition des denrées lyophilisées, comme les potages ou les purées (E554, E555, E556. E559). Mais on la retrouve aussi dans le sel, les compléments alimentaires et les fromages industriels en tranches ou râpés.
Dans l’eau courante
La plupart des stations de traitement des eaux usées en France utilisent de l'aluminium, sous forme de sulfate d'alumine (un autre sel), pour capturer les particules argileuses en suspension. Elles abandonnent alors une partie de ce sel dissout dans l'eau. Ainsi présente dans l'eau du robinet, la substance est absorbée quotidiennement par l’homme dans des quantités infiniment faibles. La législation autorise une concentration maximale de 0,2 mg par litre (d’après le rapport conjoint de novembre 2003 de l'Afspsa, l’Afssa et l’InVS). Dans cette optique, des études sont régulièrement effectuées sur la qualité des eaux du réseau français.
Dans les produits médicaux
Les sels d’aluminiums sont couramment utilisés dans la composition de certains médicaments, notamment les antiacides, prescrits contre les brûlures d'estomac. Il s’agit donc de faire attention à la composition du médicament indiquée sur la notice, mais surtout à sa posologie : il est impératif de respecter les doses prescrites. L'hydroxyde d'aluminium est également utilisé comme adjuvant dans les vaccins. Celui-ci favorise la stimulation de la réponse immunitaire des patients et joue alors un rôle primordial dans l'efficacité du vaccin, et ce pour un coût de production mineur. Voilà pourquoi son utilisation est assez fréquente.
Dans les cosmétiques
Certains sels d'aluminium sont autorisés dans les produits cosmétiques et utilisés en particulier dans la composition des antitranspirants. Les sels d’aluminium jouent en effet un rôle essentiel dans l’efficacité de ces produits cosmétiques (d'après l'article Combattre la transpiration: déodorants et antitranspirants, réalisé sous la direction du docteur Pierrick HORDE, en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine). En resserrant les pores de la peau et en limitant donc la sécrétion de sueur, ceux-ci limitent ainsi le processus de transpiration.
Ces dernières années, l'hypothèse d'un lien de causalité entre les sels d'aluminium des antitranspirants et le cancer du sein avait été soulevée. Cette hypothèse, devenue rumeur, avait été finalement démentie par une étude scientifique américaine portant sur environ 1600 femmes (Mirick et al., Journal of National Cancer Institute, 16 octobre 2002). Un rapport conjoint de novembre 2003 de l'Agence Française de Sécurité des produits sanitaires, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments et l’Institut de Veille Sanitaire a par la suite appuyé ce point de vue et tiré les conclusions suivantes : les sels d'aluminium utilisés dans les antiperspirants ne peuvent pas être considérés comme cancérigènes.
L’année dernière encore, un groupe d’experts s'est penché sur l'ensemble des données publiées dans la littérature scientifique à ce sujet. Ils ont énoncé leurs conclusions dans le Bulletin du Cancer (Namer M, Luporsi E, Glogorov J, Lokiec F, Spielmann M. - L’utilisation de déodorants/antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein. Bulletin du Cancer, 2008 ; 95 [9] : 871-80.) : "La conclusion du groupe d’experts rejoint celles des autorités de santé française et américaine. Après analyse de la littérature disponible sur le sujet, aucune preuve scientifique en faveur de l’hypothèse n’engage à poursuivre sur cette voie de recherche." Il a alors été reconnu que cette question ne constituait plus un problème de santé publique et qu'il apparaissait inutile de poursuivre les recherches sur ce sujet.
L’aluminium est partout.
Les sels d’aluminium nous entourent dans notre quotidien, le plus souvent sous une forme inoffensive. En petite quantité, cela peut même être utile à notre organisme. Mais à forte dose, Les sels d’aluminium peuvent provoquer des problèmes de santé. Dans cette problématique, deux facteurs principaux entrent en jeu (d’après l’article de l’Informathèque d'Environnement Canada Le chlorure d'aluminium, le nitrate d'aluminium et le sulfate d'aluminium). D’abord la quantité absorbée par l’organisme influe évidemment sur les résultats. Mais la biodisponibilité réelle des sels, c'est à dire la proportion qui va effectivement agir dans l’organisme par rapport à la dose absorbée, est également un facteur important.
Dans ce cas, la crédibilité des sources d’information sur le sujet est largement mise en cause. Il arrive très fréquemment qu’une simple inquiétude devienne une rumeur amplifiée par les médias pour en faire une crise de santé publique. Il en résulte alors souvent une immersion maladroite des consommateurs dans un climat de peur. Ceux-ci perdent leurs repères et ne savent plus comment accorder leur confiance.
S’appuyer sur des études fiables et sur l’avis des experts qui font autorité en la matière reste la seule option pour éviter cet écueil. Gardiens de la sécurité de notre environnement sanitaire, ces spécialistes sont là pour cela. Finalement, en évitant des angoisses inutiles face à des phénomènes inconnus qui nous inquiètent, nous pourrions aussi vivre mieux.
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