|
|
Comment naissent les rumeurs ? |
| Grand Public - Sels d'aluminium et risque pour la santé | |||
|
Si la rumeur est le plus vieux média du monde, l'avènement d'Internet lui donne un second souffle. Intoxications alimentaires, personnes disparues, virus informatiques, ces « légendes urbaines » prennent de plus en plus d’ampleur, notamment dans le domaine de la santé. Le magazine vous propose de décrypter le mécanisme de la rumeur et vous donne quelques pistes pour y faire face.
La rumeur, selon Wikipédia, est « un phénomène de transmission large d'une histoire à prétention de vérité et de révélation par tout moyen de communication formel ou informel. ». Les rumeurs obéissent à une logique et à des règles dont il est possible d'analyser les mécanismes. La majorité des rumeurs sont produites spontanément, elles ne sont pas le fruit d'un complot mais d'un mensonge, de "paroles en l'air" dont un groupe ou une société se saisit, pour diverses raisons, et l'amplifient ainsi. Il semble que le besoin de "partir en croisade" conduit certaines personnes à s'emparer de rumeurs et à les propager afin de se donner une importance, un rôle social dont elles seraient habituellement dépourvues. La rumeur offre parfois une explication simplifiée et rassurante de certains problèmes de société, expliquant ainsi son succès, et c’est souvent le cas dans le domaine de la santé.
Mécanisme de diffusion de la rumeur sur les déodorants et le cancer du seinLa mise en cause des déodorants et anti-transpirants dans le développement de cancers du sein a ainsi servi de modélisation du phénomène de rumeur en santé : - Devant la rumeur croissante, la FDA aux États-Unis et l’AFSSAPS en France se sont emparés de la question et ont ré-évalué la pertinence de ce risque. Leur conclusions sont unanimes : ils confirment que les sels d’aluminium peuvent être utilisés sans risque dans les anti-transpirants. - Un groupe d’experts indépendants en cancérologie, de renommée nationale et internationale, a analysé l’ensemble de la littérature scientifique traitant de l’hypothèse d’un lien possible entre anti-transpirants et cancer du sein. L’analyse de cette littérature, selon une méthodologie scientifique et rigoureuse, a démontré qu’une seule étude scientifique a été menée avec la rigueur nécessaire et publiée dans son intégralité dans le « Journal of the National Cancer ». Celle-ci concluait à l'absence de toute relation entre les sels d'aluminium et le cancer du sein. Le groupe d’experts à ainsi conclu qu’aucune preuve scientifique tangible et vérifiable en faveur d’une hypothèse de lien entre cancer du sein et anti-transpirants n’existait à ce jour. Ces conclusions, publiées dans le la revue scientifique Bulletin du Cancer le 30 septembre 2008, confirmaient ainsi celles déjà émises par la communauté scientifique internationale et les autorités de santé française (AFSSAPS) et américaine (FDA). L'intérêt de cet exemple est qu'il regroupe l’ensemble des caractéristiques d’une rumeur : une information sans preuve, une propagation amplifiée par un média (internet en l'occurrence), un impact symbolique et socioculturel fort dans la population. Récemment, le site Hoaxbuster reprenant et analysant les principaux canulars et rumeurs propagés quotidiennement sur le web, en a consacré deux articles sur son site.
Neuf ans plus tard, et malgré ce consensus, la rumeur court toujours. Elle a pour effet délétère de détourner l’attention du public des attitudes de prévention à adopter face à des facteurs de risque avérés, qui doublent – voire quadruplent – le risque de cancer du sein, tels que les antécédents familiaux, une prédisposition génétique ou encore l’âge de la première grossesse. Il est dès lors essentiel de se focaliser sur les véritables enjeux de la lutte contre le cancer du sein tels que la sensibilisation du public sur l’importance de la prévention et l’intérêt du dépistage et le relai des campagnes d’information mises en place par les autorités, les institutions et les associations de patients cette rumeur. Comment faire face à ces rumeurs ?Il devient aujourd'hui nécessaire d'adopter un comportement vis à vis des cyber-rumeurs, pour apprendre à les maîtriser mais aussi à éviter que nos boites aux lettres informatiques se remplissent de "MESSAGES A FAIRE SUIVRE A TOUS VOS CONTACTS".
Il est préférable d'éviter de transférer ces messages, de diffuser ces informations à toute votre liste de contacts si vous n’êtes pas certain ou n’avez pas pris le temps de vous informer sur la véracité des informations que vous venez de recevoir. L’objectif d’une rumeur est avant tout d’insinuer le doute dans les esprits et de s’appuyer sur le pouvoir du bouche à oreille pour le propager et l’amplifier. Il est donc primordial de ne jamais céder à une quelconque forme de panique et de prendre le temps de s’informer auprès de sources fiables afin d’évaluer la véracité de ces informations que vous venez de recevoir Nous vous invitons à consulter les sites d’informations spécialisés dans les analyses de rumeurs prendre contact avec les autorités compétentes ou, tout simplement, lorsqu’il s’agit de questions de santé, en parler à votre médecin qui sera le plus à même de vous donner des informations fiables et, si besoin, vous rassurer. Concernant l’identification et le démantèlement de ces rumeurs diffusées sur Internet, nous vous recommandons la lecture des sites suivants : - Hoaxbuster : site listant les rumeurs circulant par mail (français) - HoaxKiller.fr est un moteur de recherche de canulars et autres légendes urbaines (français) - Snopes.com répertorie également les rumeurs circulant sur Internet (anglais) Tags:
|
